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lundi 10 avril 2017

Le télétravail, une opportunité à valoriser pour les territoires ? CGET - 21 mars 2017

Dans le cadre du lancement d’un plan national de déploiement du télétravail et de l’ouverture de la plateforme d’échanges, de discussions et de partage « teletravailler.fr », le CGET a organisé le 21 mars dernier une journée d’études sur le sujet, en présence de Sonia Woelfflin, designer à Prima Terra.

Le télétravail répond aujourd’hui à une demande sociale et une demande du gouvernement. Mais il modifie aussi l’organisation du travail et nécessite la définition d’un cadrage réglementaire. 

Comment accompagner les employeurs ? 
Comment définir un cadre législatif ? 
En quoi est-il un atout pour les territoires ? Quels impacts peut-il avoir ?

C’est dans cette réflexion que plusieurs intervenants ont fait part de leurs retours d’expériences.



Le télétravail, un atout qui participe à la dynamisation du territoire

Dans un contexte social qui évolue, le télétravail répond au besoin d’autonomie, de bien-être et de qualité de vie au travail. Au regard des expériences communiquées, les télétravailleurs semblent moins stressés, plus productifs, plus créatifs et critiques vis-à-vis de leur entreprise.

Pour les territoires, le télétravail et le développement du numérique permettent de relocaliser l’emploi, de conserver des activités, des services et une population dans les milieux ruraux. Il peut aussi conduire à un réinvestissement et une revitalisation de patrimoines publics ou privés, en leur offrant une nouvelle vie.

Plus largement, le télétravail facilite la transition vers le développement durable en répondant aux enjeux de mobilité. Il réduit les pics de pollution dans les grandes agglomérations en limitant ou en supprimant des déplacements quotidiens.


La nécessité d’accompagner et d’organiser cette nouvelle forme de travail

Mais sa mise en place percute l’organisation actuelle du travail et soulève quelques inquiétudes comme le risque d’isolement, la perte de sens du travail et de l’esprit collectif des employés.

Des freins culturels, économiques et organisationnels subsistent. Le télétravail réinterroge les modalités du management et questionne aussi la sûreté des données sur internet.


Les tiers-lieux comme alternative

Les tiers-lieux sont des espaces (de travail) partagés et collaboratifs. Trois types de tiers-lieux ont été présentés:


  • Les centres d’affaires,
  • Les télé-centres, plus souvent situés sur des territoires ruraux ou péri-urbains, qui accueillent des télétravailleurs permanents,
  • Les espaces de co-working, en forte explosion, qui sont animés par une communauté et ouverts à tous types de professionnels. Ici, la médiation est essentielle pour le développement des projets (fab-manager, facilitateur…). L’objectif est que les utilisateurs collaborent entre eux et s’impliquent dans la vie du lieu. 
Les tiers-lieux donnent l’opportunité d’être au contact des autres et dans certains cas, de valoriser des patrimoines inutilisés. Ils peuvent fédérer un réseau, créer un écosystème sur un territoire et représenter un facteur d’attractivité et un levier pour le développement local. Les usages sont flexibles et il peut être intéressant de les croiser comme dans les espaces hybrides, notamment avec une Maison de Service au Public. 

Cartographie bêta des espaces hybrides et autres tiers-lieux, par Prima Terra l'Agence, repris par Sylvia Fredriksson, designer-chercheuse du pôle de recherche de la cité du design et le RDC, pour la 10e Biennale internationale du design de Saint-Étienne.


Vers de nouvelles formes de travail

Pour accompagner ce changement, il est nécessaire de développer une approche organisationnelle, le management étant au cœur de cette transition. Des actions d’informations pour se préparer et pour rassurer doivent être mises en place.

Il faut pouvoir analyser les risques et les opportunités du télétravail et ajuster son organisation au fil du temps, de même pour les territoires, en identifiant des solutions d’appropriation pour chaque catégorie (péri-urbain, rural, montagne, outre-mer…).

Enfin, pour les territoires, la mise en réseau les acteurs est importante pour créer une dynamique et soutenir ces lieux.



Si vous souhaitez fonder, construire et animer des réseaux et lieux porteurs de créativités réellement novateurs et engagés dans le développement local, au service d'un intérêt collectif, contactez-nous !

Si vous êtes chercheurs, consultants ou réseaux de tiers-lieux existants, contactez-nous afin d'obtenir vos accès à l'#Obsidienne, le réseau-observatoire des consultants, chercheurs et réseaux sur les tiers-lieux et espaces partagés !


jeudi 23 mars 2017

[réflexion territoriale] Vers une FabCity à Toulouse ?


Je vous fais part d'une note synthétique de projet de "FabCity" proposé par le collectif animé par Artilect (l'un des premiers fablabs créés en France et implanté à Toulouse). 

FABCITY TOULOUSE 2054
Présentation synthétique du concept, des enjeux et du calendrier

Pour rester vivable et viable la ville de demain, confrontée à de nombreux risques (climatiques, démographiques, économiques, énergétiques), devra être plus flexible, plus résiliente, plus recyclable, plus autonome aussi.
Le projet FabCity porte l’ambition d’une ville auto-suffisante et globalement connectée, à l’horizon 2054 (soit 40 ans après le lancement du concept par Barcelone…). Convaincue du bien fondé de cette idée, Toulouse Métropole a décidé (à la suite de Barcelone, Milan, Amsterdam, Paris et de quelques autres métropoles dans le Monde) de rejoindre ce projet. 
Passer de « PITO » à « DIDO »
Ces deux acronymes qui sonnent comme un mot d’ordre, symbolisent le changement de paradigme proposé par le projet FabCity : il s’agit de passer de l’état PITO (Product in, Trash Out, « on importe des produits, on exporte des déchets »), à l’état DIDO (Data In Data Out, « on importe des données, on exporte des données ») les déchets sont recyclés deviennent la principale matière première de l’économie urbaine , la ville autosuffisante est connectée avec le monde entier, les données produites par le territoire sont ouvertes, elles constituent la matière première de l’innovation sociale et technologique, les idées et les innovations « open source » sont partagées sur le réseau mondial, pour être enrichies et améliorées en permanence.
Trois enjeux majeurs
Le projet FabCity implique l’idée d’une transition sur la durée, qui doit permettre de passer progressivement du modèle actuel à celui de l’auto-suffisance connectée. Il s’agit d’imaginer, de prototyper puis d’expérimenter et de partager des nouvelles manières de faire :
  • en matière d’aménagement et de gestion de la ville, une ville intelligente et contributive où les habitants ne sont plus seulement usagers mais acteurs du changement (smart-city), une ville qui s’ouvre à la production agricole vivrière et dans laquelle les mobilités sont complètement repensées, une ville qui produit tout ou partie de son énergie tandis que sa consommation tend à la sobriété et l’efficacité…
  • en matière d’activité économique, une ville où la production manufacturière issue du recyclage de ses déchets se relocalise dans des fablabs de quartier dont les habitants sont usagers et acteurs, une ville où la recherche appliquée et l’innovation font émerger des nouveaux métiers et des nouveaux emplois, une ville qui facilite la mise en place des circuits courts entre producteurs et consommateurs…
  • en matière d’organisation sociale et de gouvernance, une ville où les indicateurs de bien-être ont remplacé le PIB et dont les habitants, devenus acteurs de leur avenir  nourrissent de leur réflexion la décision publique, une ville où le rôle de la Collectivité est de faciliter l’émergence et la consolidation des initiatives innovantes…

Les pré-requis
Le projet FabCity nécessite de tisser une alliance coopérative entre la collectivité publique et un collectif d’acteurs de la transition. Les « Labs » (FabLabs, HackersSpaces, BioLabs, LivingLabs…), parce qu’ils conjuguent ouverture au public, design, prototypage, fabrication et expérimentation, peuvent en constituer l’avant-garde.
L’ouverture des données (open-data) et la connaissance fine du territoire (ressources, acteurs, dynamiques…) constituent également une condition essentielle de la réussite du projet dont les étapes seront mesurées grâce à un tableau de bord capable de mesurer les flux et d’évaluer les actions. 
Le calendrier
Il s’agit bien évidemment d’un projet à long-terme dont la réalisation procèdera par étapes. Ces étapes sont autant d’objectifs et de plans d’action à court et moyen terme, s’adossant à des évènements mobilisateurs et à des cycles de programmation de l’action publique.
Dans l’immédiat, deux évènements pourront servir de support au lancement de FabCity Toulouse : le FabFestival du printemps 2017 et l’évènement mondial  ” FAB 14”  accueilli par Toulouse et Paris en 2018.
Les objectifs proposés en rapport avec ce calendrier :
  • en 2018, un FabQuartier expérimental (Saint-Cyprien – Les Arènes) adossé à Artilect et un programme de développement pour la FabCity
  • en 2017 la constitution d’un collectif porteur du projet, la construction du tableau de bord et la réalisation d’une « preuve de concept » pour le FabQuartier

Une réflexion intéressante est à porter en termes de potentialités d'intelligence et de développement local et notamment sur les dimensions de "territoires apprenants" et de "paysages collaboratifs", recherche-action-transmission que nous développons à travers un réseau international de recherche co-initié par Jean-Marc Lange, chercheur en sciences de l'éducation spécialisé en responsabilité sociétale des hommes et des organisations et Prima Terra.

A vous lire en commentaires !