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mercredi 27 novembre 2019

Tiers-Lieux de l'Etat, en avant toute !


Le jeudi 21 novembre 2019 à 12h30 avait lieu la première visio-conférence "Facebook live" proposée par le Bureau de l'association de préfiguration nationale des Tiers-Lieux, intitulée sur leur page facebook Tiers-Lieux France.


Alexis Durand Jeanson, de Prima Terra, a pu la suivre en direct.
Retour sur la présentation. Vous pouvez également retrouver l'intégralité de la vidéo du direct ici.

Patrick Lévy-Waitz, président de l'association et rédacteur du rapport "Mission coworking - Faire ensemble pour mieux vivre ensemble" (dans lequel les travaux de Prima Terra sont plusieurs fois cités), Marie-Laure Cuvelier, secrétaire général et cofondatrice de la Coopérative Tiers-lieux en Nouvelle-Aquitaine, ainsi que Cécile Galoselva, trésorière et fondatrice de la foncière Etic, étaient les intervenants.


Ces derniers sont intervenus suite à la clôture du conseil d'administration de l'association, composée de 21 membres.

Les trois membres du Bureau présentent le projet associatif
Aujourd'hui, pour rappel, suite au lancement du plan national Tiers-Lieux nouveaux lieux, nouveaux liens en juin 2019 par le Gouvernement Français, l'Etat a demandé aux acteurs de s'organiser de façon à rendre visible les dynamiques et besoins des tiers-lieux.

Pour cela, l'Etat avait invité 300 acteurs à cette journée de lancement, écosystème d'acteurs de la sphère tiers-lieux (opérateurs-facilitateurs comme Prima Terra, promoteurs et financeurs, porteurs de projets et de lieux, réseaux d'espaces...).

De ces 300 personnes, 63 ont été invitées à constituer le  Conseil National des Tiers-Lieux, préfiguratif de la future structure, si possible coopérative, que devra être le Conseil National des Tiers-Lieux, qui devra être créé d'ici fin 2020.

A ce jour, le Conseil National des Tiers-Lieux est chargé, telle une instance représentative de la "filière", de rendre visible les différentes typologies de tiers-lieux en France. 

"Le CNTL est le porte-parole des besoins du terrain et de sa diversité". 

A ces côtés, la mission de l'association de préfiguration France Tiers-Lieux a été présentée comme "le bras armé du Conseil National des Tiers-Lieux", en "permettant d'outiller les acteurs suite au diagnostic de terrain réalisé par le CNTL". 

De façon plus générale, l'association de préfiguration a pour but de :


  • soutenir l'émergence de réseaux régionaux ou départementaux,
  • de mettre des outils en commun, existants ou à créer,
  • de développer des partenariats entre les tiers-lieux et les acteurs publics ou privés,
  • d'aider à lever les freins à leurs activités.


"L'association doit pouvoir être le guichet unique des tiers-lieux"

Ici, on peut être inquiet par la façon dont les tiers-lieux, qui sont l'illustration spatiale d'une dynamique collective locale organisée en communauté de savoirs et de pratiques peuvent, à terme, devenir des équipements territoriaux de plus. En effet, dilués de leur essence, qui est de composer des relations et des organisations basées sur la solidarité, la réciprocité, l'intérêt collectif, ils sont l'ambassade du Tiers-Secteur, ni lieu porté par l'économie publique redistributive, ni par celle de l'économie privée monétaire marchande.

On peut notamment reprendre les schémas d'Alternatives Economiques pour tenter d'expliciter le propos.

Dans un premier visuel, on lit bien les différences entre les économies et ainsi où la communauté du tiers-lieu peut se situer. Bien entendu, le tiers-lieu "ne se décrète pas, il s'invente". En cela, la communauté ne doit pas s'organiser, au départ tout du moins, autour d'opportunités de financements publics ou privés.

Cependant, vous remarquerez aujourd'hui que le terme lui-même étant galvaudé, le principe de communauté solidaire n'est plus très présente dans ces lieux estampillés... C'est d'ailleurs pour cela qu'à Prima Terra, nous avons toujours parlé "d'espace hybride" dont les tiers-lieux sont une des typologies.


Sur le deuxième visuel, ce qui est intéressant, c'est de voir l'hybridation entre les sphères économiques. Et c'est là que le tiers-lieu peut trouver sa place, s'il souhaite passer d'un modèle économique basé non plus seulement sur la viabilité et la solidarité entre ses membres, mais sur la rentabilité économique.

Bien entendu, plus l'effort sera donné sur le principe de retour sur investissement des deniers publics ou privés, plus le tiers-secteur non monétaire sera délaissé...



Par ailleurs, le Bureau a ensuite présenté sur quoi l'association planchait à ce jour. Sous la forme de groupes de travail thématique, au nombre de trois, elle tente de trouver des réponses à trois sujets identifiés par le CNTL :

  • 1/ "Quelle fiscalité pour les tiers-lieux ?", ou ce qu'il serait possible de créer comme outils fiscaux et immobiliers pour favoriser l'émergence, le développement et la pérennisation des lieux ;
  • 2/ "Formation et reconnaissance des compétences", ou les manières de rendre visible et légitime les savoirs développés par les membres des lieux et d'organiser l'écosystème propre à les faire monter en compétences ;
  • 3/ "Les outils communs", groupe de travail pensé selon le fil rouge selon lequel l'association pourrait être demain le centre de ressources documentaires à mettre en oeuvre à l'échelle nationale.


Pour tous ces travaux, il semblerait que l'association est mis en ligne un forum ouvert, afin de rendre accessible et contributif les réflexions des membres.


Il est intéressant de constater que la dynamique nationale semble faire tendre des lieux indépendants les uns des autres pour la plupart, hormis les franchises, vers une une agrégation administrative, une institutionnalisation descendante et une normalisation diluante de ce qui serait à terme un tiers-lieu en France. 

En effet, comment ne pas voir l'association de préfiguration comme un outil au service de la construction de réseaux de lieux uniquement basés sur des échelles administratives, comme les régions et départements, et non sur les échelles de vie des communautés ?

D'autre part, le principe exprimé d'écosystème de la formation, et non de l'apprenance (capacité donnée par une organisation, un lieu, un territoire à tout un chacun pour apprendre en toute autonomie), rejoint la capacité pour l'association de préfiguration à organiser et structurer ce qui sera demain un marché à prendre

En effet, les membres ou tout du moins les responsables des lieux seront peut-être amenés à posséder une formation similaire obligatoire pour obtenir des soutiens publics, que quelques structures accréditées pourront fournir, comme la Coopérative Tiers-Lieux ?

Enfin, comment stimuler une diversité d'espaces, d'organisations et de pratiques socio-économiques pour et par une diversité de territoires si les outils pour initier, animer et développer sont à terme similaires ? 

N'est-ce pas nier encore une fois les singularités et particularités des territoires et donc des communautés ? D'ailleurs, développe-t-on une communauté intentionnelle ? Sans doute une communauté de clients oui ... 

Tout indique donc que le dispositif national, le "parlement des tiers-lieux" et son "bras armé" portent en eux la volonté de se mettre à l'unique service d'une innovation publique d'Etat, et non des territoires.

Un risque qui pourrait faire tendre chaque lieu collectif partagé voulant en être de :


  • recherche d'un leadership administratif, en cherchant à composer des réseaux territoriaux de lieux pensés comme des équipements standardisés, 
  • une course à la labellisation basée sur la compétition, afin d'être visible et crédible des institutionnels et obtenir ainsi la "bourse tiers-lieux", 
  • et dans celle de l'institution normalisante, en animant une communauté devenue captive, afin d'entrer ainsi dans l'espace d'influence politique incontournable de chaque territoire, qui serait alors "à prendre" (électoralement) pour comprendre, tenir et orienter les indépendants devenus la norme demain.


Bien entendu, cette analyse n'est là que pour tenter un décryptage politique du sujet dans une volonté d'objectivité d'ordre général. 

Ainsi, si vous souhaitez décrypter les évolutions récentes de ce champ d'innovation à votre échelle, intervenir ou soutenir sur votre territoire le lancement d'un lieu, d'un réseau ou par une politique publique, contactez-nous.

Construire une dynamique sociale et d'innovation territoriale ne se décrète pas, contactez-nous ! 

Nous intervenons en présentiel et visioconférence sous forme de formation-action, conférence ainsi que par des focus méthodologiques et stratégiques.

lundi 10 avril 2017

Le télétravail, une opportunité à valoriser pour les territoires ? CGET - 21 mars 2017

Dans le cadre du lancement d’un plan national de déploiement du télétravail et de l’ouverture de la plateforme d’échanges, de discussions et de partage « teletravailler.fr », le CGET a organisé le 21 mars dernier une journée d’études sur le sujet, en présence de Sonia Woelfflin, designer à Prima Terra.

Le télétravail répond aujourd’hui à une demande sociale et une demande du gouvernement. Mais il modifie aussi l’organisation du travail et nécessite la définition d’un cadrage réglementaire. 

Comment accompagner les employeurs ? 
Comment définir un cadre législatif ? 
En quoi est-il un atout pour les territoires ? Quels impacts peut-il avoir ?

C’est dans cette réflexion que plusieurs intervenants ont fait part de leurs retours d’expériences.



Le télétravail, un atout qui participe à la dynamisation du territoire

Dans un contexte social qui évolue, le télétravail répond au besoin d’autonomie, de bien-être et de qualité de vie au travail. Au regard des expériences communiquées, les télétravailleurs semblent moins stressés, plus productifs, plus créatifs et critiques vis-à-vis de leur entreprise.

Pour les territoires, le télétravail et le développement du numérique permettent de relocaliser l’emploi, de conserver des activités, des services et une population dans les milieux ruraux. Il peut aussi conduire à un réinvestissement et une revitalisation de patrimoines publics ou privés, en leur offrant une nouvelle vie.

Plus largement, le télétravail facilite la transition vers le développement durable en répondant aux enjeux de mobilité. Il réduit les pics de pollution dans les grandes agglomérations en limitant ou en supprimant des déplacements quotidiens.


La nécessité d’accompagner et d’organiser cette nouvelle forme de travail

Mais sa mise en place percute l’organisation actuelle du travail et soulève quelques inquiétudes comme le risque d’isolement, la perte de sens du travail et de l’esprit collectif des employés.

Des freins culturels, économiques et organisationnels subsistent. Le télétravail réinterroge les modalités du management et questionne aussi la sûreté des données sur internet.


Les tiers-lieux comme alternative

Les tiers-lieux sont des espaces (de travail) partagés et collaboratifs. Trois types de tiers-lieux ont été présentés:


  • Les centres d’affaires,
  • Les télé-centres, plus souvent situés sur des territoires ruraux ou péri-urbains, qui accueillent des télétravailleurs permanents,
  • Les espaces de co-working, en forte explosion, qui sont animés par une communauté et ouverts à tous types de professionnels. Ici, la médiation est essentielle pour le développement des projets (fab-manager, facilitateur…). L’objectif est que les utilisateurs collaborent entre eux et s’impliquent dans la vie du lieu. 
Les tiers-lieux donnent l’opportunité d’être au contact des autres et dans certains cas, de valoriser des patrimoines inutilisés. Ils peuvent fédérer un réseau, créer un écosystème sur un territoire et représenter un facteur d’attractivité et un levier pour le développement local. Les usages sont flexibles et il peut être intéressant de les croiser comme dans les espaces hybrides, notamment avec une Maison de Service au Public. 

Cartographie bêta des espaces hybrides et autres tiers-lieux, par Prima Terra l'Agence, repris par Sylvia Fredriksson, designer-chercheuse du pôle de recherche de la cité du design et le RDC, pour la 10e Biennale internationale du design de Saint-Étienne.


Vers de nouvelles formes de travail

Pour accompagner ce changement, il est nécessaire de développer une approche organisationnelle, le management étant au cœur de cette transition. Des actions d’informations pour se préparer et pour rassurer doivent être mises en place.

Il faut pouvoir analyser les risques et les opportunités du télétravail et ajuster son organisation au fil du temps, de même pour les territoires, en identifiant des solutions d’appropriation pour chaque catégorie (péri-urbain, rural, montagne, outre-mer…).

Enfin, pour les territoires, la mise en réseau les acteurs est importante pour créer une dynamique et soutenir ces lieux.



Si vous souhaitez fonder, construire et animer des réseaux et lieux porteurs de créativités réellement novateurs et engagés dans le développement local, au service d'un intérêt collectif, contactez-nous !

Si vous êtes chercheurs, consultants ou réseaux de tiers-lieux existants, contactez-nous afin d'obtenir vos accès à l'#Obsidienne, le réseau-observatoire des consultants, chercheurs et réseaux sur les tiers-lieux et espaces partagés !