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lundi 14 septembre 2015

[lu sur le web] Lille continue dans la voie des "troisièmes lieux"


Retour sur un article intéressant de La Voix du Nord sur un projet de tiers lieu à Lille (59).

Lille-Fives : sous les halles de Fives-Cail, un lieu de rencontres du troisième type


Publié le 10/08/2015 dans La Voix du Nord



Laurent Courouble, fondateur il y a dix ans du Café Citoyen, a neuf mois pour monter le projet en lien avec les associations et les habitants du quartier. PHOTO «
LA VOIX
»
Laurent Courouble, fondateur il y a dix ans du Café Citoyen, a neuf mois pour monter le projet en lien avec les associations et les habitants du quartier. PHOTO « LA VOIX »
Un café, un magasin de produits locaux, une épicerie solidaire, une crèche,
des espaces collectifs, le tout sous une halle de l’ancienne usine Fives-Cail.
Tel est le «Tiers-Lieu», projet extraordinaire fait par et pour des Lillois ordinaires.
L’innovation, c’est formidable mais c’est difficile à décrire. Comment définir le Tiers-Lieu 
(de son nom de code) de Fives-Cail alors qu’on n’a encore, dans la région, jamais rien vu 
de tel ? Surtout, éviter les expressions toutes faites, « aventure collective », « laboratoire 
d’économie sociale et solidaire »… Pas faux mais pas sexy. Alors que le projet, justement, 
l’est bigrement : construire, sous une halle de Fives-Cail, une maison commune réunissant 
café, crèche, magasin de produits locaux, local d’animation, salle de sport, espaces partagés… 
Des initiatives déjà vues, mais concentrées en un seul endroit, une ancienne friche aux 
espaces généreux… et abordables.

Un centre d’affaires alternatif

À ce stade, le détecteur d’utopie bobo risque de se tintinnabuler. Débranchez-le, il a tout faux.
 Les bonnes fées du projet n’ont rien de doux rêveurs. Le coordinateur, Laurent Courouble,
a créé le Café Citoyen et bossé douze ans dans l’économie sociale et solidaire ; les
partenaires, le resto coopératif Baraka de Roubaix et l’entreprise Pochéco, parangon
« d’écolonomie » de Forest-sur-Marque, n’en sont pas à leur coup d’essai.
« Je suis le premier étage de la fusée, et elle ne décollera que si tout le monde est là »,
explique Laurent Courouble, dans un café de la place De Geyter. Sur son PC portable,
le Fivois fait défiler les photos du Solilab, sorte de centre d’affaires alternatif niché dans
des hangars industriels désaffectés de Nantes. La référence avouée du Tiers-Lieu.
Laurent Courouble a démarré l’étude de neuf mois, cofinancée par la mairie, qui précisera
 le projet et attestera de sa viabilité. « Pour l’instant, les voyants sont au vert », 
note le co-porteur, qui a tenu les premières réunions avec les associations du quartier 
et a trouvé l’oreille de la mairie et de la Soreli (aménageur de la friche).

Une construction en bois

Si les vents sont favorables et les financements réunis, la société coopérative d’intérêt 
collectif d’intérêt, agrégeant toutes les volontés, naîtrait début 2016. Dans l’une des 
halles de Fives-Cail, le long de la future « rue couverte », une construction en modules 
de bois préfabriqués, « facile, pas cher, souple », formerait la maison commune de 750 m2 
au sol, doublée d’un étage. Un lieu à la fois exceptionnel, car inédit, et « banal », 
car ouvert le plus largement possible. Dans l’ancien fleuron métallurgique du Nord,
 une machine-outil jamais vue, une fabrique du bien commun.
Par Sébastien Bergès

lundi 16 février 2015

[Espace hybride] Le Tiers-lieu, retour aux sources du concept


Comme l'exprime si bien Marie D. Martel sur son blog, le concept du tiers-lieu a des origines qu'il ne faut oublier. Un retour aux sources est toujours profitable pour comprendre l'esprit du terme "tiers-lieu" et pourquoi nous préférons le terme "espace hybride".

La Tuilerie de Niollet, en Charente (16),
un des nombreux projets accompagnés par l'écosystème humain Prima Terra.

La thèse des tiers-lieux, rédigée par le sociologue américain Ray Oldenburg, a été rendu célèbre pour avoir été employée dans la stratégie marketing des cafés de la marque Starbuck.

D'après le chapitre 2 de l'essai du chercheur publié le 1er juillet 1989, "The Great Good Place : cafés, coffee, shops, bookstores, bars, hairs salons and other hangouts at the heart of the community", les tiers-lieux partagent des caractéristiques communes et essentielles.

Comme l'affirme Oldenberg, malgré les variations climatiques et sociales, les différences dans les attitudes culturelles, ils présentent la qualité d'une place permettant les rassemblements dans un cadre public informel, qui contribue à créer une communauté vivante, qui favorise une communion naturelle et un sentiment d'appartenance plus qu'une association de nature civique.

Ils offrent un lieu favorable à la diversité où les gens peuvent être eux-mêmes, acceptés pour ce qu'ils sont ou en phase avec ce à quoi ils aspirent.

Les conditions nécessaires d'un tiers lieu sont, d'après lui :


  • Un terrain neutre (page 22)
  • Le tiers lieu nivelle les différences entre les gens (p. 23)
  • La conversation en est la principale activité (p. 26)
  • Le tiers lieu est accessible et accommodant (p. 32)
  • Les réguliers (p. 32)
  • Un profil bas (p. 36)
  • L'atmosphère y est ludique (p. 37)
  • Un "home-away-from-home", un second chez soi (p. 39)
Le tiers lieu, ou par opposition le terme "l'espace hybride" que nous privilégions, afin d'éviter la notion quelque peu "social washing" du tiers-lieu employé aujourd'hui comme un espace de coworking plus sympa et ouvert. On peut également y faire référence la notion de tiers espace du chercheur en sciences sociales Hugues Bazin ou le tiers paysage du jardinier-paysagiste Gilles Clément.
Il possède dans tous les cas quelques-uns des attributs suivants.


  • Il permet l'enracinement en tant que centre physique ou pivot autour duquel nous organisons nos allers et venus.
  • Il procure un sentiment d'appropriation ou d'appartenance (NDLR : communauté d'appartenance, d'intérêt ou de destin).
  • Il favorise la re-génération sociale, le brassage d'idées,
  • Il donne le sentiment d'être libre,
  • Il suggère une certaine chaleur sociale dans les rapports entre les gens.


Nous pensons qu'il faut aller plus loin, que le tiers lieu ne peut s'arrêter à l'espace café, au biblio-café ou au cybercafé même dans l'esprit d'un coworking* (*espace de travail partagé).
Il semble important de comprendre de l'intérêt de décliner ce concept de lieu entre le travail et le logement à travers les lieux, que l'on soit dans une bibliothèque, un équipement de diffusion culturel, un musée, une mairie ou une épicerie de quartier.

Pour cela, nous proposons la notion d'espace hybride (voir définition de l'hybridation), pour fabriquer la création de nouveaux territoires, propres aux rencontres informelles, à l'expérimentation sociale, aux questionnements collectifs.

Pour poursuivre la réflexion ou nous solliciter, une seule adresse.

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