mardi 10 décembre 2019

[recherche] Urbanisme transitoire, retour d'entretien local !



Dans le cadre de notre recherche exploratoire lancée sur l'urbanisme transitoire/solidaire/tactique/etc., PRIMA TERRA propose à des usagers de lieux collectifs partagés de répondre à un court questionnaire sous la forme d'un texte ou d'une courte vidéo, pour aller questionner ce que cela questionne, produit, transforme dans leurs façons de vivre la ville, le village, le territoire.
Pourquoi les usagers me direz-vous ? 
Car ils sont les premiers concernés par les projets, et sans doute les premiers acteurs, contributeurs, activateurs et promoteurs de ces nouvelles formes d'urbanisme, contrairement aux initiateurs, aux partenaires ou aux commanditaires, qui peuvent produire un discours qui diffère de la réalité. Ici, on questionne les trajectoires individuelles qui rencontrent des dynamiques collectives, qui peuvent donner à voir du territoire en création. 
Etant depuis ses débuts dans une logique de science ouverte, le résultat des entretiens est mis en ligne. 
Voici un premier, de la part de Lucie F., ancienne usagère du lieu Vive les Groues, implanté à Nanterre, projet porté par le collectif Yes We Camp ...
Vive les Groues, aux pieds de l'Arche de la Défense (copyright : Nanterre Info)



1 / Comment formuleriez-vous l'utopie de votre lieu ?

L'utopie de Vive les Groues pourrait être formulée comme ça : "Écrin de verdure et de lien au cœur d'un espace urbain insolite". 


2/ En quoi fait-elle écho pour vous ?

L'environnement de Vive les Groues est un espace urbain insolite, assez aride : s'y mêlent bureaux en services, bureaux désaffectés, hangars de matériels, grands immeubles assez cossus, quelques pavillons, un bar à chicha, un restaurant japonais et un gros chantier pour la future gare de la ligne E dans le cadre du Grand Paris, tout ça à deux pas de La Défense et ses gratte-ciels que nous voyons depuis Vive les Groues. Cela en fait un environnement assez particulier, aride, avec peu de rapport entre les espaces et de fait peu de lien social. 

Au milieu de tout cela, Vive les Groues apparaît comme un écrin de verdure où la vie est revenue. La vie végétale d'une part : il s'agit d'une friche où des végétaux poussent et reprennent vie, de façon un peu anarchique mais c'est leur présence qui compte ; l'équipe de Vive les Groues et les bénévoles plantent aussi divers végétaux, des arbres notamment. 

Mais il s'agit aussi d'un lieu convivial où sont organisés divers événements, chantiers participatifs et concerts qui redonnent vie au quartier, tout en étant en plein air. 


3 / Quelles pratiques/connaissances/expériences avez-vous déjà par ailleurs dans vos engagements professionnels ou associatifs, qui iraient dans le sens de cette utopie ?

J'ai été dans le bureau d'une association étudiante environnementale, et nous organisions des événements autour du développement durable, et la mise en place d'un potager. Aussi, j'aime beaucoup ce genre de lieux, j'en ai donc visité plusieurs, et notamment en Espagne, à Valencia, où j'ai habité pendant quelques mois. 


4 / Quelles illustrations peux-tu donner, à partir de ton vécu avec le lieu, sur la réalisation de l'utopie ?

Comme expliqué à la question 2, c'est pour moi grâce aux événements et surtout aux chantiers participatifs (lien social + construction collective) que se réalise l'utopie du lieu. 


5 / Comment traduis-tu depuis un an ton implication dans le lieu ?

Je réside depuis un an sur Montpellier, je n'y vais donc plus régulièrement, mais j'ai participé au STUN Camp en octobre dernier. 


6 / Que faudrait-il faire pour accélérer la réalisation de l’utopie concrète et locale ?

Pour accélérer la réalisation de l'utopie propre à ce lieu, il faudrait qu'il y ait une équipe permanente et que le lieu ne ferme pas pendant l'hiver car cela coupe la dynamique (même si je comprends que cela soit compliqué à réaliser concrètement). 

Une meilleure communication dans les villes alentours serait aussi très bien : j'ai été au courant de ce lieu par Facebook car je m'intéresse beaucoup à cela, mais sans Facebook et de l'intérêt pour ce genre de lieu je n'aurais pas connu (ma mère a connu grâce à moi du coup, mais sans cela elle ne l'aurait pas connu).

Il pourrait aussi y avoir des événements co-organisés avec, par exemple, des brasseries locales (à Houilles il y a un brasseur qui a un petit bar rue Gabriel Péri, peut-être qu'un partenariat pourrait faire gagner en visibilité et Vive les Groues et le brasseur de Houilles). 

En allant plus loin, il faudrait aussi que le quartier des Groues change pour attirer davantage de monde, de familles, etc.


7 / Quelle pourrait-être ton implication en ce sens ? Du plus réaliste au moins réaliste...  

Je pourrais faire davantage de communication auprès de gens que je connais, ou dans les lycées, les écoles, les boutiques, les bars, etc. sous forme de petit flyers par exemple.

Et revenir dans le coin de Vive les Groues mais en tant que jeune diplômée, cela dépend aussi d'où je trouve du travail ! 

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> Si, vous aussi, vous souhaitez faire en sorte qu'un usager de votre tiers-lieu participe à notre recherche exploratoire, contactez-nous !

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