mardi 3 septembre 2013

La ville fertile et l'économie circulaire résiliente


"Quand les villes se rêvent d'être locavores".
Cela aurait pu être le titre de l'article paru dans le Hors-Série de Terra Eco de Octobre - Novembre 2012.

Des chercheurs ont imaginé comment les villes de Paris et Rennes pourraient devenir autonome en alimentation, autrement dit autosuffisantes.

Ainsi, comme l'illustrent le schéma suivant, des chiffres parlent d'eux-même : "la région parisienne est aujourd'hui tout juste autosuffisantes en salades" ou " 40 % des jardins publics, 50 % des squares et 60 % des toits de Rennes devraient être transformés en cultures pour le maraîchage pour contribuer à rendre la ville autosuffisante".

Terra_Eco_Villes
Que mangent nos villes ? © Terra Eco

Selon Terra Eco, la principale motivation des citadins serait :

- une alimentation de qualité
- avec un lien avec le monde agricole.

Car les paniers paysans, la vente directe ou les jardins partagés, "en apparence, ils en redemandent".
En réalité, selon les Associations pour le maintien d'une agriculture paysage, les Amap, les 106 existantes fourniraient à peine 50 000 personnes. Quant aux potagers urbains et autres jardins partagés de la région, ils représenteraient moins de 50 hectares et alimenteraient 12 000 personnes, soit un Francilien sur 1000 !

Mais, comme le note l'agronome Christine Aubry, "l'intérêt principal de ces démarches est d'interroger les autorités sur les stratégies alimentaires globales pour leur ville".

Car, selon Roland Vidal, ingénieur de recherche à l'ENSP de Versailles, l'un des questions les plus fortes qui se posent pour réconcilier ville et agriculture est ailleurs.
"L'agriculture est toujours mieux ailleurs qu'en ville ! Ce qu'il faut, c'est gérer l'interface entre les deux, apprendre réellement aux citadins à reconsidérer leur campagne."

Ainsi, selon le collectif des Ekovores, la solution serait là, composant avec l'aménagement du territoire et la production agricole péri-urbaine, la distribution et la consommation de proximité et une transformation - valorisation circulaire. Le schéma ci-dessous le présente succinctement.

L'économie circulaire locale © Les Ekovores

Mais comme le rappelle Roland Vidal, la gouvernance alimentaire des métropoles ne se joue plus au micro-local, il s'agit bien d'élargir l'échelle. "Autour de Paris, toutes les terres maraîchères ont été consommées par la ville il y a cent cinquante ans. Est-il pour autant judicieux de vouloir réimplanter le maraîchage sur les terres du bassin parisien, qui sont les meilleures terres céréalières du monde ?"



Car, dans le bila environnemental d'un légume atterrissant dans notre assiette, le transport ne pèse que 15 % quand la culture elle-même (intrants notamment), en constitue la majeure partie.

Autrement dit, vaut-il mieux nourrir la ville avec des denrées produites durablement mais plus loin ou cultiver des tomates localement, chauffées sous serres et élevées à grands jets de fertilisants ?


Plus d'infos sur la Ville fertile dans le Hors-Série Terra Eco.

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