mardi 1 décembre 2020

[décryptage] De quoi la résilience est-elle le nom ?

 

SAISON 1, épisode 1


D'après le CNRTL, la résilience peut se définir comme :

1/ résistance d'un matériau au choc, en Mécanique / Physique ;
2/ capacité de reproduction d'une espère animale inemployée en raison d'une ambiance hostile, susceptible d'une expansion soudaine si cette ambiance s'améliore, en Zoologie ;
3/ Force morale, qualité de quelqu'un qui ne se décourage pas, ne se laisse pas abattre, au figuré.

Définition en vidéo avec l'un des spécialistes de la troisième définition, Boris Cyrulnik.

 


Selon moi, seule la troisième peut semble-t-il être mobilisée dans l'époque que nous vivons, la première nous faisant tomber dans une pensée matérialiste, l'autre dans celle d'un néo-darwiniste social quelque peu questionnant sur le long terme.

Cependant, en explorant le sujet, nous pouvons lire que la troisième définition n'est pas si simple lorsque l'on souhaite faire le tri entre ses prophètes, ses ambassadeurs techniques et autres vendeurs de solutions "clé en main"...

 

Résilience ?

Derrière ce mot, il existe une pluralité d'imaginaires.


Selon l'Atelier Teddif "Résilience territoriale" de 2019, le territoire résilient serait une "capacité à anticiper, réagir et s'adapter pour se développer durablement quelque soit les perturbations auxquelles il doit faire face".

Pour La 27ème Région et sa nébuleuse, le design de la résilience serait une clé pour demain, parlant de "resilient by design", posant d'ailleurs question de l'utilisation de l'anglais pour parler d'un piste d'avenir pour les populations de France...

C'est par ailleurs le CEREMA, qui propose depuis quelques semaines "une boussole de la résilience", qui pourrait s'imaginer comme un outil transversal, flirtant sans doute un peu avec la technique universaliste, rêvant que la résilience pourrait se mettre en place dans nos territoires de France pourtant si différents, culturellement, géographiquement comme socialement, sans parler des Antilles françaises ou de Mayotte comme de La Réunion !

Dans le domaine de la psychologie, la résilience serait un phénomène qui consisterait, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l'événement traumatique de manière à ne pas, ou plus, vivre dans le malheur et à se reconstruire d'une façon socialement acceptable.

Ainsi, la résilience serait globalement un état d'esprit, une pratique et une condition pour accepter de vivre avec les dérèglements et crises de notre époque.

Mais de quels traumatismes parlons-nous ?

 

 

Pour faire face aux impacts de l'ère Anthropocène :

Le Grand Effondrement ou l'Effritement ?

La résilience serait-elle mobilisée pour permettre de répondre, non pas à un constat d'Effondrement comme proposé par les collapsologues, mais pour réagir à l'Effritement généralisé des repères de notre société occidentale européenne actuelle ?

Je pense notamment à la pandémie Covid-19 actuelle, aux inondations, nombreuses, comme des vallées de la Vésubie et de la Roya, les catastrophes industrielles telle que Lubrizol à Rouen ou encore lié à des sécheresses nouvelles comme le décrypte Météo France ici.

 

Cette réaction intuitive de l'Individu comme de l'Organisation face à ces profondes transformations cherche à répondre selon moi à trois souhaits, à la fois paradoxaux et volontaires, et s'inscrivant dans une temporalité différente :

- A court terme, afin de financer le modèle à venir, l'injonction néolibérale à poursuivre le schème actuel : extraire et produire toujours plus, ce qui génère toujours plus d'externalités négatives, et réagir aux problématiques engendrées pour continuer à produire ...

- A moyen terme, afin de forger le cadre future d'une société entrepreneuriale, il s'agit de produire un choc culturel pour que chacun puisse comprendre, s'outiller et devienne autonome, tel ce mantra libéral le résume "aide-toi toi-même et le ciel t'aidera".

- A long terme, une possible tentative de subversion du Système en place pour inventer, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur, une nouvelle façon de penser la création de Valeur et de la société française que nous souhaitons.

Pour cette dernière temporalité, il s'agit sans doute de penser le monde selon deux prismes opposés voire imbriqués l'un dans l'autre. 

L'un se propose selon une logique de Capitalisme des parties prenantes, en faisant de chaque Marché (Economie plateforme) et Etat (Capitalisme d'Etat) un système profondément clivant, associant un régulateur-plateforme, des leaders techno-scientifiques et une masse de contributeurs-consommateurs uniformes.

L'autre proposition se tourne vers une logique de Coopérativisme ouvert et redistributif, recherchant à construire une nouvelle interdépendance entre communautés locales, elles-mêmes en recherche d'autonomies futures, par le flux des connaissances et singularités produites.

Ces deux visions d'avenir ci-dessus, forcément caricaturales, peuvent amener à mobiliser la résilience pour offrir un outillage, un contexte et un langage commun pour atteindre ce cap.

Mais la résilience est-elle une fin en soi ?

 

De la résilience à la transition ?

Ainsi, pour certains acteurs et organisations institutionnelles, la résilience serait la posture à adopter et la transition la période calendaire pour adopter ces nouvelles conditions d'action.

Pour cela, il nous faudrait adopter un nouveau référentiel commun pour agir qui passerait par la co-création de récits comme voies de réappropriation politique du Marché ou du Territoire, et son devenir.

Cette culture nouvelle, basée sur l'improvisation, serait sans doute l'opposé d'une ingénierie, basée elle sur la planification. Elle imposerait à accepter le mouvant, l'instabilité et la qualité de l'improvisation pour faire face aux chocs à venir provoqués par la civilisation techno-industrielle actuelle.

Elle donnerait également à construire un droit à l'innovation et à l'expérimentation. Ce qui reviendrait à imposer la seule innovation comme solution à la remise en question des standards de vie actuels.

Cependant, trois questions me viennent :

Ce discours incantatoire proclamant à devenir tous résilients (individu, organisation, territoire) est-il suffisant pour aboutir un nouveau paradigme de société ?

Est-ce que la résilience est une condition pour adopter une Transition sociétale ?

Enfin, ne faut-il pas chercher autre chose que la résilience pour forger une nouvelle civilisation ?


De quoi la Transition est-elle le nom ?

L'idée de Transition est devenue le mantra des institutions, des élites politiques et d'un certain nombre de consultants de notre époque.

Cependant, nous pouvons trouver une définition commune de ce qu'est la transition qui peut-être vue comme "le passage d'un état à un autre" ou qui "constitue un état intermédiaire".

Ainsi, comme indiqué dans le schéma suivant, l'économie de transition est une troisième étape, suivant celle de l'économie d'innovation, dont le modèle est la "destruction créatrice", la disruption et l'improvisation créative, qui est elle-même l'étape pouvant suivre le modèle de gestion, basé sur une économie du stock, du matériel et de la planification.

 

La transition est une étape de transformation (cc-by-sa-nc Prima Terra)
 

En effet, comme nous avons pu le lire, la transition impose de nous emmener à explorer d'autres modèles pour installer demain un nouvel avenir, une certaine forme de stabilité à notre société, qui dénommé sur ce schéma sous le terme de "gestion nouvelle".

En soit, une nouvelle civilisation.

Comme l'exprime cette citation de Fernand Braudel dans "Grammaire des civilisations", les civilisations sont construites sur des mentalités collectives dominantes, qui nous enjoignent à agir ensemble selon des pratiques, des représentations et des usages communs.

« Les civilisations sont des mentalités collectives
[...]
À chaque époque, une certaine représentation du monde et des choses, une mentalité collective dominante anime, pénètre la masse entière de la société. Cette mentalité qui dicte les attitudes, oriente les choix, enracine les préjugés, incline les mouvements d’une société est éminemment un fait de civilisation. Beaucoup plus encore que des accidents ou des circonstances historiques et sociales d’une époque, elle est le fruit d’héritages lointains, de croyances, de peurs, d’inquiétudes anciennes souvent presque inconscientes, au vrai le fruit d’une immense contamination dont les germes sont perdus dans le passé et transmis à travers des générations et des générations d’hommes. Les réactions d’une société aux événements de l’heure, aux pressions qu’ils exercent sur elle, aux décisions qu’ils exigent d’elle obéissent moins à la logique, ou même à l’intérêt égoïste, qu’à ce commandement informulé, informulable souvent et qui jaillit de l’inconscient collectif. »


« Ces valeurs fondamentales, ces structures psychologiques sont assurément ce que les civilisations ont de moins communicable les unes à l’égard des autres, ce qui les isole et les distingue le mieux. Et ces mentalités sont également peu sensibles aux atteintes du temps. Elles varient lentement, ne se transforment qu’après de longues incubations, peu conscientes elles aussi. »

de Fernand Braudel, Grammaire des civilisations

Selon Fredy Perlman, ces imaginaires dominants nous invitent et garantissent une "reproduction de la vie quotidienne", et, ainsi, des désastres socio-écologiques qui en découlent.

Ainsi, parler d'une transition écologique en l'imaginant comme un simple courant politique, énergétique en ne remettant pas en question la consommation pour être qu'un souhait pieux de mixer nos sources en associant nucléaire, éolien ou panneaux solaires est une erreur d'analyse.

Car la civilisation occidentale et européenne qui est la nôtre pose ses fondamentaux sur des paramètres économiques d'extraction et de production, sociaux sur la compétition et la lutte, environnementaux sur le respect des normes chiffrées et la simple compensation.

La résilience apporte seulement un changement léger du regard porté sur ces sujets, et non un changement direction qui semble s'imposer à nous aujourd'hui.


Une modification complète du regard qui pose problème...

Comme le propose Jacques Attali dans son article "faire tomber les trois murs de notre prison", il existe 3 étapes de transformation nécessaire à une véritable bascule des représentations.

La première étape est celle de l'irréalisme et du déni, ne souhaitant pas admettre que l'histoire est tragique par nature", la seconde que l'aveuglement nous empêche de voir et d'accepter "cela est théoriquement possible" et enfin, que la procrastination voire l'absence de courage freinent encore la minorité susceptible d'avoir passée les premières...

La résilience est sans doute un chemin de traverse pour faire bifurquer les consciences déjà sensibles aux pratiques du design, comme le propose cet article de la revue Horizons Publics et La 27ème Région.

Cependant, d'autres pensées semblent offrir les moyens d'aller plus loin que l'idée selon laquelle la résilience "dessine un contexte et un cap" pour la transformation publique.

Je pense notamment à des auteurs aussi différents que le Pape François et son encyclique "Laudato Si'", proposant l'idée "d'écologie intégrale", celui de "ville du quart d'heure" de Carlos Moreno comme réponse servicielle à l'urbanisme galopant et chronophage des métropoles, ou encore celle "d'écologie intégrale" proposé par le philosophe des idées Alain de Benoist, souhaitant préfigurer une civilisation européenne écologique, conservatrice et néopaïenne.

Mais cependant, des questions me semblent poindre sur ce discours "facile" qu'apporterait la résilience par le design...

Comment les organisations peuvent-elles devenir résilientes sans pour autant se préoccuper du paradigme dans lequel elles sont et souhaitent rester ?

Comment la résilience, véritable boite à pharmacie pour soigner les maux de notre époque, pourrait nous sortir de cette spirale d'enfermement dans des modèles périmés ?

Comment le territoire résilient pourrait être une finalité, en nous proposant seulement de produire une géographie de la résistance au choc et seulement moins sensible aux catastrophes, naturelles ou autres ?


Cette liste, non exhaustive, nous offre l'opportunité de comprendre que la résilience n'est pas suffisante politiquement pour inventer un autre avenir, d'autres repères, d'autres pratiques.

Pour cela, existe-t-il des pistes en bordure de la résilience ?


Passer de l'adaptation à l'évolution : la résilience serait un clair-obscur ?

Le Professeur Nassim Nicolas Taleb, dans son livre "Antifragile", propose de nous emmener plus loin que la résilience et l'adaptation.

Cette anti-fragilité nous invite tout d'abord à aller au-delà de l'adaptation, en questionnant nos pratiques et nos modèles non plus pour changer et modifier son comportement en fonction des informations disponibles à l'instant t, tel que le propose un système adaptatif.

Elle nous invite également à surpasser la résilience, qui propose continuer à agir par résistance et réaction similaire face au choc, en recherchant l'amélioration du système et finalement l'évolution vers un autre modèle civilisationnel.

D'un point de vue plus pratique, la permaculture ou culture de la permanence, venue de l'agriculture dans les années 1980 du Japon puis de Nouvelle-Zélande, propose une philosophie de vie en trois points :

- prendre soin de la Nature (sols, forêts, eau, air et les êtres vivants associés), 

- prendre soin de l'Humain (soi-même, la communauté et les générations futures),

- et de partager équitablement la Création produite.

Par extension, cette éthique et pratique agricole nouvelle s'est étendue aujourd'hui à des dynamiques ayant pour objectif de refonder la façon de concevoir, fabriquer et animer des projets de vie, souvent à l'échelle de communauté de vie voire de village.

 

A l'échelle d'un territoire de vie, ce design par la permaculture est souvent dénommée sous l'idée "biorégion", concept développé depuis de nombreuses décennies par l'Ecole territorialiste. C'est également le cas d'auteurs tel que Gilles Clément qui préconise de s'activer selon les logiques du "jardin planétaire", du "jardin en mouvement" ou encore de "l'homme symbiotique" ou encore Camille They, qui nous propose d'adopter la posture de l'artiste, qui convoque l'improvisation créative par les sens dans son acte de Création et le jardinier, qui sait par modestie, patience et persévérance composer avec le Vivant...

 

Aujourd'hui, la pratique semble s'étendre encore sous l'appellation "d'Assistance à Maîtrise d'Usage globale" comme un domaine d'action consistant à fournir les moyens à l'Usager (comprendre les parties intéressées) de comprendre, s'approprier et trouver des réponses locales à des enjeux de vie (habiter, se nourrir, s'éduquer, s'épanouir, etc.).

Enfin, cet ensemble de pratiques transdisciplinaires entrent dans cette idée selon laquelle toutes ces communautés de pratiques et d'existence peuvent et tentent jour après jour de se relier, sous une forme socio-organisationnelle que l'on pourrait dénommer par les démarches de "territoire apprenant", dans un idéal de "société de la Connaissance" proposée par Gilles Clément dans son livre L'Alternative ambiante.

 

 

Pour conclure...

Ainsi, il s'agit ici de ne pas remettre en question l'idée même de résilience mais de noter les limites, à la fois politique, stratégique et pratique. 

Comme vous le savez, Prima Terra propose d'explorer l'imaginaire onirique du "Local-monde" que porte au quotidien des acteurs comme Les Localos, les acteurs du Made in Local, le mouvement Colibris et ses oasis de vies, des archipels symbiotiques autour d'Isabelle Delannoy, des réseaux apprenants de design par la permaculture ou encore de l'école des Territorialistes

En effet, il semble offrir la possibilité de concevoir des relations futures à partir de l'ancrage socioculturel  de communautés locales interreliées (et donc interdépendantes) qui souhaitent s'inscrire dans des pratiques portées par la civilisation de la symbiose, de la réciprocité, de la poésie du local et de la coopération économique.

D'un point de vue politique, il me semble important d'aller au-delà du discours dominant autour de la résilience, pour construire des représentations locales des pratiques et usages permettant de forger un avenir commun en interdépendance. 

Cet article en est une tentative pour les élus de tous bords souhaitant aborder autrement ce mot mantra du discours institutionnel dominant qu'est devenu la résilience.

 

Alexis Durand Jeanson


Pour aller plus loin : 2 vidéos de La Traverse sur la résilience locale ici et

vendredi 27 novembre 2020

[webinaire] Le MRJC organise "Construire des futurs désirables, la place des tiers-lieux"

 

Nous avons eu le plaisir d'être invités à intervenir à l'occasion d'un webinaire organisé par le secrétariat national du MRJC - Mouvement Rural des Jeunesses Chrétiennes à l'occasion du déploiement de leurs "Fabriques du Monde Rural", des tiers-lieux implantés dans les campagnes françaises.  

Une dynamique par ailleurs intéressante, le MRJC ayant fait le choix de vendre un important patrimoine urbain francilien pour financer la création de lieux communs dans les ruralités françaises.


A cette occasion, Prima Terra sera représentée par Alexis Durand Jeanson, son cofondateur.

Ce webinaire aura pour objectif de présenter :

 

Ce webinaire aura lieu le mercredi 02 décembre 2020 de 19 à 21 heures.

Voici le lien d'inscription (100 participants - déjà complet à ce jour !)


> Si vous aussi vous souhaitez organiser des webinaires, des conférences ou des formations-actions sur le sujet des lieux partagés et autres communs, contactez-nous !


mercredi 18 novembre 2020

[souveraineté alimentaire] Et si vous faisiez du terroir votre potentiel Engagement & RSE ?

 

Nous poursuivons nos explorations et coups de projecteur sur les partenaires et acteurs qui composent l'écosystème de l'innovation dans les territoires.

Cette fois-ci, focus sur les possibilités du marketing et de la communication dans le monde agro-alimentaire pour tendre vers une agriculture et une alimentation plus responsables, transparentes et équitables.

 


Notre invité de marque :

Laurent Muratet, fondateur de Terravita Project, après avoir été cadre durant 15 ans chez Nestlé pour la marque Mont Blanc puis pour la marque équitable et bio Alter Eco ...

 

On peut notamment découvrir une nouvelle façon de créer des études et contenus marketing en partant du terrain, comment faire de l'agriculteur l'expression des enjeux de la filière ou encore une nouvelle forme d'ingénierie territoriale pour innover en tant que marque alimentaire ...

Ainsi, si vous souhaitez construire une réflexion territoriale, systémique, filière pour votre marque, vous êtes au bon endroit en associant Terravita Project x Prima Terra !

 

Nous ne vous en disons pas plus, la suite en images !

mercredi 11 novembre 2020

[Réseaux sociaux] Et si vous preniez un temps d'avance ?

 

Information pratique pour les Instagrammeurs et autres enthousiastes du scroll (traduction : faire défiler l'écran) ! :)


P R I M A   T E R R A  est depuis quelques mois sur Instagram... 

avec le profil "PRIMA TERRA Faire école".

 

 


 

Retrouvez des informations pratiques sur l'innovation territoriale, des ouvrages à lire ou relire, des films inspirants, des extraits d'articles... et surtout des schémas analytiques qui font la réputation de  P R I M A    T E R R A --------> en avant-première !

 

Entreprenez ancré, abonnez-vous !


Et bon 11 novembre à vous !

vendredi 6 novembre 2020

[lecture] Et si l'on refondait le Made in Local ?

 

Un livre à lire et relire écrit par Raphaël Souchier sur les conditions pour refonder l'économie en local, dans chaque territoire associant ville et campagne...

On y parle de la manière de se mettre en réseau, de mutualiser, de coopérer entre acteurs, de mesurer son impact ...

 


L'intérêt principal selon nous est le principe du développement basée sur l'idée "d'entreprise étendue", c'est à dire un projet économique pensé en réseau, mettant en relation basé sur la réciprocité pour construire des projets communs.

C'est d'ailleurs ce que nous réalisons avec PRIMA TERRA, en soutenant et investissant dans de nombreux projets made in Local !

Par ailleurs, l'auteur exprime le principe de tendre vers une économie régénératrice, une économie cherchant à fertiliser le tissu local en reversant en local une part de la création de Valeur produite, minimisant ainsi l'impact négatif de l'extraction de ressources. 

 

MADE IN LOCAL 

Emploi, croissance, durabilité : et si la solution était locale ?

de Raphaël Souchier

octobre 2013, éditions Eyrolles 

code isbn : 978-2-212-55770-1 

 

jeudi 22 octobre 2020

Penser le Tourisme autrement : repenser les pratiques pour inventer les usages de demain !

 

Alexis de P R I MA  T E R R A  a le plaisir d'intervenir au sein du Master international "Tourisme et Développement Durable des territoires" de l'Université Paul Valéry de Montpellier, aux côtés de Dominique Crozat, Daniel Bartement, Gaella Loiseau et Marie-Ange Lasmènes.

Ainsi, il est amené à travailler avec une vingtaine d'étudiants (sur 300 candidatures !) du monde entier (France, Asie, Maghreb, Amérique du Sud...) sur un projet réel du territoire régional d'Occitanie !

Dans ce cadre de travail où l'autonomie est importante, des sous-groupes s'organisent pour produire un diagnostic territorial dont les enjeux, le périmètre d'étude et la finalité sont à définir par leurs soins. Une approche digne du design territorial !

Lors d'une des interventions, Alexis a travaillé avec eux ce qui semble essentiel lorsque la demande du commanditaire est quelque peu flou... réaliser un diagnostic territorial !

En effet, il s'agit d'une commande qui peut-être vécu à tout moment de sa vie, que l'on soit en Office de Tourisme, en collectivité, pour un prestataire hôtelier ou dans une agence spécialisée.

Comme toujours en innovation, il s'agit pour le porteur de projet de questionner la véritable commande, de comprendre le contexte au-delà de l'expression orale du client, de satisfaire ce que ce dernier n'a même pas en tête... en somme, de regarder au-delà de la boite !

 

Penser au-delà, faire le pas de côté...

 

Ainsi, nous souhaitions vous partager le fil directeur de cet atelier d'octobre 2020.

Penser les finalités pour imaginer le parcours à venir, extrait de l'intervention.
 
 
Lors de cette demi-journée, nous avons travaillé trois points essentiels :

  1. Qu'est-ce qu'une commande ? Comment la requestionner, l'affiner, la détourner pour aller voir au-delà de l'attente initial, en recherchant les besoins implicites, explicites et latents, les besoins réels et les attentes, voire les aspirations du Client.
  2. Qu'est-ce que le paysage ? Comment employer cette démarche qui permet d'analyser les représentations, usages et pratiques d'un territoire donné pour englober un système, en mobilisant des datas qualitatives et quantitatives, rationnelles et subjectives, au-delà des données froides, au plus proche des singularités locales et culturelles.
  3. Qu'est-ce que la recherche-action participative ? Comment faire de toutes parties intéressantes demain une partie prenante, comment mobiliser, impliquer et faire contribuer les usagers qui pourront être à l'avenir les premiers partenaires du projet dont nous ne connaissons pas encore les réels enjeux.

Tous ces points, nous les avons travaillé sous une forme théorique et pratique, en prenant soin de mobiliser la richesse interculturelle et disciplinaire propre à une promotion de ce type.

Cette démarche a pour intérêt d'illustrer comment l'innovation participative, qu'elle soit ouverte ou territoriale, peut être intégrée à tout format collectif, qu'il soit pédagogique ou sur commande, fictif ou réel, sur un sujet déterminé à l'avance ou dans une logique de management par les enjeux, pour permettre à de multiples acteurs d'inventer un autre avenir...

Imaginez demain le même format d'atelier pour un hôtel indépendant ou franchisé sur le littoral qui aurait une perte de 30% de sa fréquentation ... ou encore pour un office de tourisme d'une métropole avec des chiffres souvent bien plus importants...

Si vous aussi, vous souhaitez échanger sur les possibles, mobiliser vos équipes autrement en prenant soin de ne pas répliquer le modèle du voisin, repenser votre modèle d'affaires ou tout simplement innover globalement, vous êtes au bon endroit ! 

Contactez-nous !

 

mardi 20 octobre 2020

Evaluez votre organisation : diagnostiquez les facteurs favorables à l'innovation en réseau !

 

Cette année encore, P R I M A   T E R R A  est chargée pour le compte du CNAM - Conservatoire National des Arts et Métiers, de former les cadres et dirigeants du monde médico-social à la créativité et l'innovation

On y trouve ainsi des agents d'EHPAD, de MAS, d'ADAPEI, des CSAPA - Centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie, etc.

Ce parcours de type blended learning (alternance de sessions présentielles, classes virtuelles et plateforme pédagogique en ligne), a pour nom "Osez l'innovation" et a pour finalité de donner l'envie, les moyens et la posture méthodologique nécessaire à initier des dynamiques collectives favorables à l'innovaiton, qu'elle soit managériale, commerciale, sociale ou territoriale.

Celui-ci est financé par l'OPCO Santé et la Région Occitanie pour intervenir à Perpignan, Toulouse, Albi, Montpellier et Nîmes tout au long de l'année 2020.

 


 Lors de la troisième journée, un auto-diagnostic est proposé aux apprenants, afin d'évaluer la capacité de leur milieu organisationnel à favoriser, animer et pérenniser des dynamiques de créativité et d'innovation "en réseau". 

En réseau, car fut abordé l'idée d'une organisation pensée comme un réseau social, une membrane poreuse ou encore un biotope écologique

Des ponts furent ainsi réalisés avec :

- le passage de la gestion de crise au management des transitions,

- la conduite et l'accompagnement au Changement,

- le management par les enjeux et les parties prenantes, 

- l'innovation centrée sur l'Usager avec l'AMU - Assistance à Maîtrise d'Usage, 

- les démarches apprenantes,

- les tiers-lieux, etc.

Ces éléments sont issus de nos recherches et retours d'expériences dans des milieux différents, dans des collectivités et des services de l'Etat (DREAL...), dans le médico-social, des PME-PMI, des projets coopératifs de l'Economie Sociale et Solidaire ou encore dans des institutions publiques.

En effet, l'ensemble du parcours est pensé comme une formation-action, en mobilisant des pédagogiques actives et notamment par projet permettant de déployer dès la formation les conditions opérationnelles.

 

Ainsi, nous souhaitons vous partager ses critères d'évaluation, que vous pourrez ainsi employer pour évaluer les conditions favorables ou non à initier de l'innovation dans vos pratiques, que cela soit dans une organisation publique ou privée.

  • l'autonomie et la prise d'initiative, y compris pour apprendrer,
  • la communication horizontale et transversale, en interne et au-delà,
  • le temps du Constat (pensez le Pourquoi et le Pour quoi plus que le Comment),
  • des temps créatifs individuels et collectifs,
  • les contreparties, qui permettent de favoriser la reconnaissance, qu'elles soient matérielles ou immatérielles,
  • la culture Qualité ou la culture Projet prédominante,
  • l'ouverture sur l'environnement externe : parties intéressantes, autres secteurs et univers,
  • la pensée de l'Usager, ou comment se réalise la mobilisation, l'implication et l'engagement des usagers,
  • la mesure de l'Impact, aussi bien par des indicateurs rationnels qu'émotionnels.

 

Pour l'évaluation, nous vous proposons de réaliser cela en groupe de profils variés, en réalisant un tableau de quatre colonnes :

  1. les composantes d'un milieu innovant,
  2. votre situation actuelle sur l'année n,
  3. votre situation souhaitée à n+x,
  4. les pistes de transformation pour y arriver.

 

Si vous aussi, vous souhaitez former votre personnel pour qu'ils osent l'innovation au quotidien ou puissent parfait leurs modalités d'action, contactez le CNAM Occitanie ou PRIMA TERRA !

lundi 28 septembre 2020

N'oubliez pas, sortez habillés... de laines françaises !


N'oubliez pas, en prévision de l'arrivée de l'hiver, que nous sommes partenaires pour les territoires de l'écosystème TRICOLOR, pour la renaissance des laines françaises.




TRICOLOR est une dynamique collective et une organisation nationale animant l'ensemble de l’écosystème des laines de France, avec :
Nous avons rejoint en 2019 l'écosystème sur invitation de Pascal Gautrand, designer filière - fondateur de Made In Town.

Retrouvez Pascal au cours d'une discussion avec Alexis de Prima Terra tv ici :

mardi 8 septembre 2020

[conversation] Financer l'innovation pour le Made in Local en Afrique, rencontre avec Ibrahima !

 

Bonjour #innovation avec une nouvelle #conversation au sujet du #financement des projets d'intérêt collectif vers l'#Afrique : merci à Ibrahima DIABAKHATE d'avoir jouer le jeu.

Ibrahima est membre du Club des Eco Business Angels, et spécialiste du financement pluriel de l'innovation vers l'Afrique : 

  • fonds de la diaspora, 
  • fonds micro projets d'ONG partenaires de l'AFD, 
  • institutions publiques, 
  • investisseurs privés, etc..

 Dans cette conversation, il nous parle de son métier et du Club.



Au programme : #investissements, #diaspora, #startup, #développement du #madeinlocal, #cooperation entre #territoires et #acteurs.

Une deuxième conversation a été enregistrée, où il illustre, par un projet concret dans son village natal de Mauritanie, la façon de monter de toute pièce un projet collectif de développement local et de financer le long terme plus que l'assistanat alimentaire ...

Et comme toujours "entreprenez ancré, abonnez-vous !"

mardi 1 septembre 2020

L'éco poétisme ou l'art de vivre son manifeste au quotidien

 

 Alexis de P R I M A   T E R R A s'est lancé dans un nouveau défi depuis la période de confinement Covid-19 : enregistrer des conversations avec des membres de l'écosystème dédié à l'innovation territoriale du monde francophone.

 Des conversations à retrouver tout au long de l'année sur la chaîne "Les Faiseux des territoires" sur PRIMA TERRA TV dans YouTube.


En voici un premier exemple, avec Camille They, à l'origine du "manifeste de l'éco poétisme" et des jardins du même nom en Seine-Saint-Denis et notamment à Saint Ouen sur Seine.

Nous avions eu l'opportunité d'écrire un article sur son travail collectif et profondément porteur de sens, reliant écologie, jardin et créativité ICI en 2019.


Retour en images !

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